LES BREVES DE NDJAMENA – Tripoli/Libreville : deux atmosphères diamétralement opposées.

La Délégation conduite par le Président Goukouni a été reçue avec faste et joie mais étroitement encadrée. Les poignées des mains ont été chaleureuses, les tapes sur les dos fraternelles et les accolades très longues. Deby était (apparemment) aux anges, les autres aussi. Mais c’est tout ce qu’on a vu. Quel est même l’objectif du déplacement de la délégation ?

Quelle est la teneur des conversations ? Y a t il un Document remis à Deby ? On attend avec intérêt les réponses à ces questions. D’ores et déjà, ce qu’il faut retenir, c’est que les deux parties ont des interprétations complètement différentes sur la nature du séjour de Goukouni et sa suite. Goukouni et sa suite semblent dire qu’ils sont venus proposer à Deby un schéma de sortie de crise, par contre pour Deby, ce sont des compatriotes qui ont regagné la légalité. On attend des éclaircissements.

Tripoli, les masques sont tombés. Depuis les débuts de négociations, la partie gouvernementale n’a fait aucune proposition, n’a produit aucun texte. Seul le document de l’opposition faisait l’objet des discussions. Le médiateur libyen, après avoir dilué et dépouillé de toute sa substance le document original de l’opposition, n’a pas été capable d’imposer à Deby, même la coquille. Deby a rejeté tout en bloc. Le médiateur a fini par avouer son impuissance en demandant à l’opposition armée de rallier « à la Mahamat Nour », avec quelques postes de Ministre d’Etat !!

L’opinion tchadienne et internationale est prise à témoin : il n’y aura de changement au Tchad ni par la voie pacifique, ni par les urnes moins encore les négociations autour des tables rondes. Les négociations de Tripoli ont été à cet effet, très édifiantes. Edifiante, est aussi la fissure au sein de l’opposition armée. Sur les quatre groupes, un va rentrer à Ndjamena sans condition, quelques cadres d’un second groupe vont aussi rentrer sans condition. Pour autant, pour la majorité des combattants, malgré l’environnement international nettement défavorable, malgré les pétrodollars à la disposition de Deby, va continuer la lutte jusqu’à un changement radical du contexte politique au Tchad.

Deby – Nour : Ce n’est pas fini. Lors de son passage à tripoli, Nour a laissé entendre qu’il n’y a aucun problème entre lui et Deby, mais le grand problème c’est entre lui et son CEMGA adjoint qui est le vrai chef de l’Armée. Nour a laissé entendre qu’aucune collaboration n’est désormais possible entre lui et le Gl Abderahim Bahar. Selon les confidences de Nour, le Gl Bahar aurait littéralement bâillonné ses éléments. A Guéréda et Gozbeida, le Gl Bahar a interdit aux éléments de Nour en véhicule de faire de la patrouille. Pire, depuis que ces éléments font partie de l’ANT, aucun ravitaillement militaire ne les concerne : ni minutions, ni carburant, ni les pièces de rechange des véhicules. Pour Nour, ce ne sont que les conséquences d’une gestion calamiteuse et tribale de l’armée confiée à des analphabètes comme le Gl Abderahim Bahar. Alors ce Gl fait de la provocation délibérée dont l’ultime objectif est de créer un conflit armé pour venger ses frères morts aux combats. « Abderahim oublie que je suis à moitié zaghawa et tout ce qu’il raconte dans le milieu zaghawa, je suis au courant », a-t-il dit.

Nour a laissé entendre qu’il n’a aucune ambition et qu’il entend collaborer franchement avec Deby à condition que Deby débarque Abderahim Bahar ; « mais si on me provoque, on me trouvera », paroles du Gl de Corps d’Armée, Mahamat Nour Abdelkerim. Au cours des mêmes confidences, Nour a laissé entendre qu’il y a trop du monde de Wadi Fira dans le Gouvernement et que lui seul peut valablement représenter toutes les sensibilités de Wadi Fira. Mahamat Garfa et Mahamat Ali Abdallah sont avertis.

Beremadji Félix
N’djaména


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