Le décès d’Adoum Mannany Kharachi, Un des premiers administrateurs aux commandes du Tchad après les indépendances, le 24 octobre 2013.

adoummananyAdoum Mannany Kharachi était né à Koundjar dans le Batha géographique en 1943 et s’est éteint le 24 octobre 2013 suite de maladie. Il est l’un des premiers administrateurs qui ont acquis les commandes du Tchad juste après les indépendances. Incontestablement il a été un homme de valeur, de principe et un fervent nationaliste qui aime bien son pays.

Il ne fait pas la différence entre gens du Nord, du Sud, de l’Est ou de l’Ouest, ni entre musulman et chrétien, ni entre enfant et adulte, ni entre cadre et non cadre ou intellectuel et analphabète, ni entre citadins et villageois et moins encore entre arabe et non arabe. Pour lui c’est la valeur de la personne  humaine qui compte. Il est sociable et modeste dans sa vie.

En abordant son parcours politico-administratif nous pouvons ressortir ce qui suit. Après sa formation rapide en administration publique, il a été aussitôt élu député membre de l’Assemblée Nationale de 1961, il était le junior de la deuxième assemblée nationale de la République du Tchad. Une année après, il a été nommé comme sous-préfet Adjoint à Abéché dans le Ouaddaï, puis en 1964, il fut nommé sous-préfet titulaire à Mao dans le Kanem.

De Mao, il passe à Ati au Batha toujours comme sous-préfet mais avec une charge politique l’ayant à occuper le poste du Secrétaire fédéral du Parti Progressiste Tchadien PPT-MNRCS. Dans sa région natale du Batha, il joua un rôle très prépondérant et déterminant surtout dans la cohabitation entre les communautés, et pour preuves les archives l’expliqueront mieux qui que ça soit.

Du Batha, il fut nommé sous-préfet cette fois-ci dans le sud du pays plus précisément dans l’ancienne préfecture du Mayo Kebbi. Il laissa des souvenirs inoubliables dans cette contrée la plus surpeuplée du Tchad entre temps.

Après une période relativement longue, il repart comme commandant de la sous-préfecture d’Amtiman. Durant plus de 5 ans, cet homme a façonné une cohabitation entre les communautés et a su asseoir l’autorité de l’état et rétablir la confiance du pouvoir  vis-à-vis des administrés.

De cette localité, où il laissa ses empruntes les plus remarquables, feu Mannany atterrît à Moussoro qui marqua la fin de ses fonctions comme sous-préfet. Tellement marqué par la population de Bahr Elghazalle, il bénéficia de leur totale confiance et deux quartiers furent baptisés Mannany1 et Mannany2. Cette marque de confiance a surpris beaucoup de gens surtout ses détracteurs, mais ils sont restés faibles devant ce modeste homme d’une grande simplicité.

Dans les années 78-79, il rejoint le cabinet présidentiel du Président Felix Malloum.

Et ce fut la période de la rébellion qui le poussa à aller vers la Libye en vue de soutenir la rébellion pour un changement au Tchad. Il entra avec une forte colonne militaire par le sud du pays et la population de Bousso ne pourra jamais l’oublier pour son appui combien louable envers la population menacée et surtout le sultanat qu’il a su protéger.

Alors célèbre inspecteur général des forces armées du CDR, ce qui lui valut le surnom IG et Labar 1 pour les intimes (comme le dit Mahamat Djarma dans son commentaire, les anciens du CDR). C’est un homme de consensus lors des négociations surtout celles de Kano 1 et 2.

A titre d’inspecteur général, il dirigea plusieurs combats lors des évènements (qui ont débuté en mars 1980) de 9 mois de N’Djamena et d’ailleurs moult reportages ont été faits sur lui par les chaines françaises en l’occurrence, le journaliste Tanguy qui leur fit de nombreuses photos. L’un de ses derniers combats fut celui de la zone Delep dans le Guéra qui sonna la fin des hostilités entre les belligérants et qui fut fortement commenté par Charles Lescot à travers la RFI.

Durant le règne de Goukouni, il fut Directeur de Cabinet du Ministre des Affaires Étrangères, feu Acyl Ahamat Akhabache. Feu Adoum était un des fidèles du défunt Acyl Ahamat, il fut nommé Ambassadeur du Tchad au Zaïre, actuelle RDC, mais ce dernier n’a su se scinder de lui jusqu’à la mort vint les séparer.

En 1982, il repart en rébellion, mais après une longue période de plus de 7 ans, il rentre (en juillet-août 1989) au bercail en compagnie de nombreux cadres valeureux, les motifs de ce retour ont pour origine ses divergences avec les libyens.

A l’entrée du MPS, à la fin de la conférence Nationale Souveraine, il fut brillamment élu conseiller du CST, et dans cette auguste instance transitoire la tache lui a été ardu et il était toujours disponible et toujours plein de sagacité et de perspicacité. Et par la suite il fut plusieurs fois nommé comme préfet du Mayo Kebbi, dans le Hadjer Lamis, au Lac et dans le Guéra. Après sa retraite administrative, il a été nommé comme Conseiller au Ministre de l’Intérieur et conseiller chargé de mission à la primature.

Feu Adoum Mannany fut un trait-d’union entre le sud et le nord et il se voulait plutôt nationaliste que régionaliste. Honorable Adoum Mannany, tu es certes et évidemment une bibliothèque qui vient de disparaitre et un homme de franchise et de vérité, le Tchad ne pourra jamais t’oublier. Et d’ailleurs de ton vivant, tu as plusieurs fois reçu des distinctions honorifiques.

Un de ses compagnons, qui disait « qu’il (feu Adoum) fut commis d’état, un homme politique intelligent, toujours conciliant, plusieurs fois Sous-préfet et Préfet, plusieurs fois député, a laissé des traces indélébiles dans la mémoire et les archives nationales. Il le trouve affable dans ses relations, social et courtois dans sa collaboration il laisse un espace de poids dans sa région le Batha et un trait d’union important sur le plan national. Les anciens Militants du CDR se rappelleront d’un collaborateur toujours disponible et pour certains d’un père refuge à tous et à ses amis qu’il soit un exemple sur plusieurs points de vue et que Dieu l’accueille dans son royaume ».

Comme le cite la tribune web du site Tchadanthropus, il était bel et bien parmi ceux qui ont bâti et érigé cette nation, notre cher pays le Tchad.

Nous retiendrons dans cette épreuve combien difficile la phrase de son fils aîné plein de sagesse, « la douleur tant la perte d’un père est une épreuve, mais comme un arbre perd ses feuilles au vent fort, ses racines profondément enfouies continuent de le tenir droit et de le nourrir d’affection et de sagesse » fin de citation.
Feu Adoum Mannany est père de 13 enfants dont 4 filles. Paix a son âme. Inna lillahi wa inna illeyhi radjioune.

En ces jours pénibles, les membres de la famille adressent ses sincères remerciements et manifestent sa gratitude à tous ceux qui ont de près ou de loin ont compati avec la famille lors la perte inestimable de ce père qui nous ait cher.

Pour la famille, Ould Hamad


Commentaires sur facebook

3 Commentaires

  1. . SEINA MAHAMAT TCHARI

    Je me souviens de lui, il était un grand cadre, UN administrateur hors paire et un grand commis de l’État. C’était le préfet du Lac a l’époque. Paix a son âme et toutes mes condoléances a la famille

  2. Ali

    Merci Merci Seina Mahamat Tchari, trouve ici notre reconnaissance….

  3. Faradjallah Ahmad Ibedou

    Il etait l’intime ami et compagnon de lutte de mon pere au CDR. Toutes mes condeleances a ses fils, petit-fils et ceux aui lui sont chers. Papa Adoum repose en PAIX.