Un intellectuel soudanais répond aux niaiseries de Deby à Amdjaress.

Par Abubakr ALGAADY

Sources :SudanJem du 07/11/13

 Résumé :

La réunion d’Amdjaress a fait tomber la légende du grand Dar Zaghawa.

Nous avons assisté au mois d’octobre dernier à une cérémonie organisée connue sous le nom de : Assemblée Générale de la communauté Zaghawa qui s’est tenue le 25 octobre 2013 à Amdjaress, ville frontalière  tchadienne. Ont participé du côté soudanais le Général Tidjani Adam Tahir, ex membre du Conseil de Commandement de la Révolution, actuel Président de l’office consultatif de la Communauté Zaghawa au Soudan et Son Excellence le Ministre soudanais de la Justice Mr Mohamed Bichara DAOUSSA. Du côté tchadien ont assisté à la réunion, le Président Idriss Deby en personne et des notables de la communauté- militaires comme civiles. En réalité le thème de la réunion ne concerne pas la résolution des problèmes propres de la communauté mais elle concerne plutôt globalement des problèmes soudanais et plus particulièrement le dossier Darfour et les mouvements darforiens unifiés sous le vocable de Front Révolutionnaire Soudanais.

Le but de cette réunion est de répondre aux désidératas  du Congrès National (parti au pouvoir à Khartoum). Cette réunion qui s’est tenue conformément aux principes de la notion du Grand Dar Zaghawa comme nous  verrons plus loin les différentes phases de son déroulement, a été convoquée en réalité à la demande du gouvernement soudanais. L’apport principal de cette assemblée des zaghawas fut la chute du concept du Grand Dar Zaghawa. En effet le gouvernement soudanais avait beaucoup véhiculé ce vieux disque quand il voyait en l’unité des zaghawas une menace pour son régime, or dès qu’il a reçu des assurances du côté d’Idriss Deby, le régime soudanais a décidé d’organiser cette cérémonie sur les mêmes bases pour  légitimer l’utilisation des troupes tchadiennes à des fins génocidaires contre les membres de la communauté et des leaders des mouvements de l’opposition et la liquidation de tout ce qui est de la révolte au Darfour et ce, en lieu et place du gouvernement soudanais !!! La réunion d‘Amdjaress est donc finalement un coup porté sur le dos de la révolution qui s’est imposée après  le soulèvement glorieux de septembre comme la seule alternative au pouvoir oppressif et génocidaire installé à Khartoum.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Idriss Deby confirme ses intentions de liquider le Front Révolutionnaire Soudanais et falsifie l’histoire du Mouvement révolutionnaire au Darfour.

Selon Idriss DEBY, le conflit darforien est la conséquence de la scission du Mouvement Islamique entre pro Al Béchir et l’autre pro Attouraby. Selon ses propres dires, il avait convoqué à la suite de cette scission les ressortissants de la communauté zaghawa qui avait des liens avec le mouvement islamique à savoir le défunt Dr Khalil Ibahim, Tahir Hamdoun, Hassan Borgou et Jibril Ibrahim. Il  les a conseillés fraternellement et demandé de se joindre à Al Béchir, seul Hassan Borgou a accepté ma demande. (Sic) Par ses déclarations Mr Idriss DEBY tente de falsifier l’histoire du Soudan juste pour plaire à Al Béchir d’autant plus que la crise darforienne n’était pas née à la suite des dissensions des islamistes soudanais, elle en était en effet bien antérieure. Pour la gouverne de Mr Deby, nous situons quelques faits importants de l’histoire du Soudan :

Au début des années 90 le martyr Daoud Yahya BOLAD s’était  révolté contre le mouvement islamiste et s’était allié à l’Armée et au Mouvement Populaires dès lors que la cause qu’ils défendaient concernait aussi  la marginalisation et l’échec du pouvoir central de pouvoir mener une politique de développement harmonieux dans le sens large de la région. Le mouvement était unifié et était sous la direction de Mr Abdelwahid Mohamed NOUR qui était l’élément essentiel de la révolte De 2003 jusqu’en 2006. Ainsi donc les leaders comme Abdelwahid Mohamed NOUR et Minny Arkou MINAWI n’avaient aucune relation avec le Mouvement Islamiste et la révolte aurait eu lieu sans les dissensions au sein des islamistes. Mr DEBY feint d’ignorer cette page de l’histoire du Soudan juste pour le plaisir d’Al Béchir.

Pour revenir au discours du Président Tchadien qui s’était longuement attardé avec des détails croustillants sur les différentes phases de ses interventions et ses ingérences dans le conflit du Darfour soit en envoyant son armée ou en organisant des réunions factices de paix à Abéché et à Ndjamena ou encore organiser des accords de paix séparés en achetant des consciences, ce dont il est passé maître.  Dans ses péroraisons lancinantes, Deby a reconnu pour la première fois qu’il a voulu liquider militairement le Front de Libération du Soudan mais que son armée avait refusé de se battre contre l’opposition soudanaise à l’intérieur du Soudan. Parmi ses aveux, Mr Deby a déclaré aussi que ni  lui moins encore le Président Al Béchir n’avaient donné aucune importance à l’époque au Jem, et n’avaient jamais imaginé que le JEM constituerait d’une manière ou autre un problème au régime soudanais. Par ses digressions- heureusement- le Président tchadien confirme que le conflit au Darfour n’était  nullement associé aux divergences au sein du système islamiste ! Enfin Mr Deby a martelé devant un auditoire ahuri : «  nous ne permettrons plus que jamais à aucun groupuscule se faisant appeler pompeusement opposition politico-militaire contre le régime soudanais, de mener des actions subversives contre Khartoum à partir du territoire du Darfour, juste pour ses intérêts inavoués au détriment de mes parents et de mon deuxième pays ». Tout est dit !   Inconsciemment certes, Mr Deby vient d’étaler gratuitement toutes les preuves visibles et cachées de ses nombreuses ingérences qui avaient causé et qui continuent encore à semer  la désolation et des tueries abominables dans la région, et en même temps il réaffirme ses intentions belliqueuses envers   la population du Darfour. Ce déballage soigneusement enregistré servira au moment opportun devant les juridictions internationales contre lui évidemment en tant coauteur et acteur du génocide du peuple darforien.

Nous ne combattrons pas l’armée tchadienne mais l’orienterons vers Khartoum.

Nous ne combattrons pas l’armée tchadienne pour plusieurs raisons :

– De l’aveu même de Deby, son armée l’a désobéi quand il a donné des  instructions pour intervenir à l’intérieur du Soudan aux fins de liquider le MLS et le JEM.

– Lors de la signature de paix à Doha en 2010 entre Dr Khalil et Mr Ghazi Salah Dine, le Président a informé officiellement le Dr Khalil qu’il ne pourrait plus retourner encore à Ndjamena. Malgré cet avertissement solennel du Chef de l’Etat devant les différentes délégations, le Dr était reparti bel et bien à Ndjamena à la barbe et au nez de Deby !! Comment en était-on arrivé à cette situation ?   Selon Mr Mussa Yacoub Jarr enneby, un des délégués à la réunion d’Amdjaress et qui a produit un article descriptif du déroulement du bout en bout de la réunion, Mr Deby était revenu sur l’épisode du retour du Dr Khalil à Ndjamena, en ces termes : «  le DR Khalil n’était pas arrivé à Ndjamena de sa propre initiative, au contraire c’est mon entourage direct  composé de  généraux  que vous voyez (en faisant un geste de la main en direction des parterres des généraux présents dans la salle)qui a défié  mon autorité et celle de l’Etat  et a invité le Dr à descendre sur Ndjamena !

– Dans ces conditions, pour quelles raisons nous combattrons l’armée tchadienne qui désobéit au Chef de l’Etat, Chef Suprême des armées pour une guerre qui ne la concerne pas ?  Au contraire nous adressons nos saluts fraternels et nos remerciements sans limites au peuple frère tchadien et ses vaillants combattants qui ont défié les ordres d’un despote pour se conformer aux règlements internationaux. L’intervention d’une force étrangère dans un pays donné se fera toujours au détriment des citoyens, elle causera encore et encore des destructions, des désolations, des tueries et des pillages. Les actes commis par une armée d’occupation dans un pays donné  seront toujours punis tôt ou tard par les instances internationales surtout la CPI qui ignore dans ses principes les responsabilités collectives et poursuit directement des individus dont les actes sont prouvés.

De ce qui précède, nous exhortons nos frères tchadiens à continuer à désobéir les ordres d’un despote qui est utilisé comme « un remote-control » par le système génocidaire et raciste de Khartoum dont les intentions diaboliques consistent à la destruction massive du peuple darforien. Nos frères tchadiens qui ont une longue tradition guerrière qui leur a tant causé des malheurs ne devraient en aucun cas et sous quelle forme d’alibi être utilisés pour commettre des crimes par procuration en lieu et place des despotes de deux pays. L’armée tchadienne ne devrait pas payer pour  Idriss DEBY qui  sera très prochainement traduit à la CPI comme l’est présentement son compère Albechir.

 


Commentaires sur facebook

1 commentaire

  1. TAHER ALI NANAYE

    Merci d’avoir éclairé nos deux peuples sur les intentions, inavouées et criminelles, de Déby. Les opposants Tchadiens et soudanais doivent combattre ensemble. Les énemis des peuples sont connus : Déby et Al béchir .Nous devons tout faire, pour que tous les deux aient à repondre devant la CPI . soyons vigilants…