Nouvel effort de Paris: la force UE au Tchad et en RCA dès février- Afp

La force européenne attendue depuis des mois au Tchad et en Centrafrique pourra enfin commencer à être déployée début février, la France ayant annoncé jeudi qu’elle fournirait les moyens militaires qui lui faisaient encore défaut..

Après des semaines de blocage, le président français Nicolas Sarkozy « a autorisé le ministre de la Défense à mettre sur la table des moyens supplémentaires » pour constituer la force européenne, a annoncé jeudi le porte-parole de la Défense française, Laurent Teissère.

Le ministre français de la Défense, Hervé Morin, a par la suite annoncé à l’AFP que « la France était prête à proposer des moyens supplémentaires pour combler les lacunes, notamment en matière de soutien, avec des effectifs qui pourraient atteindre 2.100 hommes, soit 50 à 60% des effectifs de l’Eufor Tchad-RCA« .

« On peut s’attendre maintenant à ce que la décision formelle de lancer l’opération soit prise (par les pays de l’Union européenne) à la toute fin janvier et que dans la foulée, les premières forces arrivent sur le terrain dans la première semaine de février« , a indiqué un diplomate européen à l’AFP.

Agissant sur mandat de l’ONU pour protéger les centaines de milliers de personnes déplacées par le conflit faisant rage au Darfour (ouest du Soudan), cette force de quelque 3.500 soldats, baptisée Eufor-Tchad-RCA et commandée par le général irlandais Patrick Nash, aurait dû être déployée dès novembre 2007.

Mais son déploiement a été retardé par l’incapacité des pays de l’UE à dégager notamment les moyens aériens une dizaine d’hélicoptères et quatre avions de transports tactiques nécessaires à ses mouvements à l’intérieur de la zone immense qu’elle doit patrouiller.

Parmi les moyens supplémentaires fournis par Paris, M. Teissère a précisé qu’il pourrait s’agir « d’unités de soutien logistique« , d’hélicoptères et d’avions de transport, sans en préciser le nombre.

Surtout, de 1.350 hommes, la contribution totale de la France passerait à 2.100 hommes.

La Pologne enverra 400 soldats, et les Irlandais devraient être aussi nombreux. Autriche, Belgique, Espagne, Pays-Bas, Portugal, Roumanie, Slovénie et Suède, notamment, devraient fournir le reste.

La France se retrouve dans la situation qu’elle avait précisément voulu éviter: déjà présente au Tchad depuis 1986 avec le millier d’hommes de la force Epervier, elle voulait surtout ne pas être sur-représentée dans la force européenne, pour éviter tout soupçon de partialité.

Des parlementaires européens et des ONG avaient exprimé leurs craintes d’une confusion dangereuse sur le terrain entre une mission européenne en principe neutre et les soldats français d’Epervier confrontés régulièrement aux groupes armés hostiles au président tchadien Idriss Deby Itno.

La France aura dû finalement combler les vides. Elle n’aura pas non plus obtenu de ses partenaires qu’ils assument une plus grande part des coûts que les 10 à 15% habituellement mis au pot commun et auxquels correspondent les 100 millions d’euros prévus pour financer l’opération pendant un an.

Les coûts réels, qui devraient être six à 10 fois supérieurs, retomberont donc largement sur la France même si M. Morin a fait état « d’une ouverture des Britanniques« .

Mais avant que le général Nash ne puisse soumettre aux 27 Etats-membres de l’UE son plan opérationnel, des responsables militaires de ces pays doivent encore faire le point vendredi à Bruxelles.

Approuvée en septembre par le Conseil de sécurité de l’ONU, la mission de soldats européens devra protéger les camps regroupant 240.000 Soudanais du Darfour (ouest du Soudan), venus se réfugier dans l’est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique, ainsi que les 173.000 Tchadiens et 43.000 Centrafricains déplacés par les troubles.

La force surveillera en outre les arrières de l’unité mixte ONU-Union africaine au Darfour, de l’autre côté de la frontière.


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