Le Mayo-Kebbi, nouvelle région clé dans la politique tchadienne – Efi

La nomination d’un nouveau Premier ministre au Tchad continue de susciter beaucoup de commentaires. Kalzeubet Pahimi Deubet est originaire du Mayo Kebbi, plus précisément la zone de léré, tout comme le ministre de la Justice, Jean-Bernard Padaré et Saleh Kebzabo, l’une des principales figures de l’opposition. Du jamais vu au Tchad. Le Mayo Kebbi, à l’approche de nouvelles échéances électorales, normalement des régionales l’an prochain, semble faire l’objet de toutes les convoitises avec ses deux régions qui ont longtemps été considérées comme des fiefs de l’opposition.

D’abord, il y a cette route tant espérée : Kelo-Pala-Léré. Une route commerciale historique vers le Cameroun qui jusqu’ici n’avait pas été goudronnée. Première pierre, appel d’offre, une promesse de désenclavement et d’emplois. Tous les hommes politiques de la région affirment l’avoir demandé depuis des années, sans jamais avoir l’impression d’être entendus. Mais c’est aujourd’hui en cours.

Il y a aussi l’organisation à Bongor, une première, de la fête du 1er décembre qui célèbre l’accession au pouvoir d’Idriss Deby et qui permet surtout à la ville concernée de bénéficier de toute une série de travaux, rénovations et constructions. Considéré comme un fief de l’opposition, le Mayo Kebbi avait été jusque-là délaissé, reconnait un membre du parti au pouvoir. Mais plus question de faire l’impasse pour les élections à venir, et surtout pas avec l’introduction de la biométrie. Le Mayo Kebbi est considéré par beaucoup comme l’un des plus grands réservoirs de voix du Tchad.

Voilà qui prouve bien que l’UNDR reste une préoccupation majeure pour le président Deby, s’amuse son président Saleh Kebzabo. L’opposant considère surtout que le chef de l’Etat, le gouvernement et le parti présidentiel, le MPS, craignent la nouvelle dynamique qui existe aujourd’hui dans l’opposition qui espère présenter des candidats et des listes communs. «Kebzabo est devenu dangereux, car il ne joue plus le jeu et cherche à avoir une autre stature», explique un fin connaisseur de la politique tchadienne. Du côté du MPS, en tout cas, on se dit prêt à battre l’opposant sur son terrain.


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