Ragaillardis par leur « succès », les marabouts et fĂ©ticheurs ont insistĂ© Ă  ce que Deby « ferme les trois portes restantes, celles du Nord ». C’est le but du dĂ©placement actuel de Deby dans les trois rĂ©gions de l’ex-BET. Si pendant sa première tournĂ©e, Deby a Ă©vitĂ© le contact avec la population et les autoritĂ©s locales, cette fois-ci le dĂ©cor est tout Ă  fait diffĂ©rent : affront et affrontement. La population est accusĂ©e de rebelle ou d’être au service exclusif des mercenaires, « je sais que des armes, de l’argent, des hommes et mĂŞme de la drogue, partent d’ici au secours des mercenaires », a-t-il tonnĂ©. Drogue Ici Ă  Faya ? Qui la consomme ou vend Non, non, c’est juste sa langue qui a fourchĂ© Ă  force d’être un « addict » de la drogue! Engueulade, rĂ©primande et humiliation des autoritĂ©s locales, accusĂ©es « des fainĂ©ants et voleurs, incapables de piloter et rĂ©aliser les grands projets prĂ©sidentiels » et menacĂ©es de renvoi immĂ©diat. Le Gouverneur a Ă©tĂ© sommĂ© de « procĂ©der Ă  la fermeture immĂ©diate des bureaux de la rĂ©bellion et arrĂŞter tous les complices ». Bonjour la chasse aux sorcières, les arrestations arbitraires, les enlèvements et assassinats. C’est un cheque blanc que Deby a donnĂ© Ă  son cousin de Gouverneur, un bi-analphabète, ex garde de corps rapprochĂ©.

Les ministres ressortissants de la rĂ©gion qui accompagnent Deby n’ont pas non plus Ă©chappĂ© au courroux du chef : « ce sont des nuls et voleurs qui ne pensent qu’à eux-mĂŞmes, oublient leurs rĂ©gions et parents et dĂ©tournent Ă  leurs comptes tout ce que j’investis dans la rĂ©gion ». Pendant que Deby se donnait Ă  son jeu favori, c.Ă .d. humilier les collaborateurs (Ministres, conseillers, Agents de Commandement, etc.) devant leurs subordonnĂ©s et/ou parents, les marabouts et les fĂ©ticheurs s’acharnaient sur les malchanceux animaux domestiques.

Le tableau est presque identique dans tout le parcours ; on s’attend Ă  une mise en pièces dĂ©tachĂ©es de Younousmi devant ses parents Ă  Fada, sa rĂ©gion natale, fidèle Ă  son habitude. Depuis que Deby a envoyĂ© le ContrĂ´le d’Etat chez Younousmi, les choses commencent Ă  tourner au vinaigre entre les deux complices. Les mauvaises langues disent que le poste de Ministre des infrastructures Ă©tant promis Ă  un futur ralliĂ©, il faut chercher des poux sur la tĂŞte de Younousmi pour le dĂ©barquer ; selon toujours ces mĂŞmes langues Ă©corchĂ©es, c’est vraiment rendre un Ă©norme service Ă  Younousmi mais Deby ne franchira jamais ce pas, car entre les deux c’est Younousmi qui tient l’autre par les C… Mais Ă  Fada, Deby n’a rencontrĂ© personne, n’a pas sermonnĂ© Younousmi devant ses parents. Un bouffon a osĂ© suggĂ©rer Ă  Deby de rencontrer quelques notables et responsables administratifs, la rĂ©ponse est sans Ă©quivoque : «pour leur dire quoi ? De toutes les manières les goranes me sont hostiles, je n’ai rien Ă  leur offrir tout comme ils n’ont rien Ă  m’offrir et n’ont dĂ©sormais aucune capacitĂ© de nuisance. Quand je les reçois, la seule chose qu’ils savent faire ou dire c’est de se plaindre des beri de la place, responsables administratifs ou militaires ». Outre le fĂ©tichisme, Deby doit installer le Cl Khalifa Aftar, l’opposant libyen, qui ferait partie du cortège, Ă  Wadi Doum ou Amdjeress ; le choix n’est pas encore dĂ©finitivement fait.

Deby a laissĂ© entendre qu’il passera le mois de ramadan, c’est Ă  dire toute la saison des pluies Ă  Amdjeress, mais selon nos informations, dès qu’il aura fini de « fermer toutes les portes du Nord », il accourra Ă  Paris pour voir son mĂ©decin, car jusqu’à lĂ  ce sont les mĂ©decins qui se dĂ©plaçaient N’djamena, mais cette fois ci, il semblerait que sa prĂ©sence Ă  Paris est plus que nĂ©cessaire… D’ailleurs il vient d’écourter son sĂ©jour pour regagner N’djamĂ©na.

Mahamat Ahmat
N’djaména