Que vaut la vie d’un « Saray Saâkit » ?

Au début de la semaine, les forces de l’UFDD effectuent une patrouille dans la région d’Adré, à la rencontre des éléments militaires qui désertent les rangs de l’ANT au profit de la rébellion. Après avoir récupéré un bon nombre des déserteurs, la colonne décide de « rendre visite » au poste de brigade de gendarmerie de « Toum Touma », situé à une vingtaine de km d’Adré.

L’affrontement entre les rebelles et les gendarmes a été bref mais extrêmement meurtrier. 25 gendarmes sont tués sur le coup, sans parler des blessés et des prisonniers. L’objectif de l’opération était de neutraliser le Commandant de brigade, un prince du sérail qui martyrise la population de la région qui a pu s’éclipser avant l’arrivée de la colonne ; certainement informé par son téléphone « Thuraya » de la présence des combattants de l’UFDD dans les environs. L’UFDD a perdu un combattant et deux gravement blessés.

Le plus choquant dans cet événement est la position officielle du gouvernement. L’attaque a bel et bien eu lieu, des hommes sont morts, blessés et faits prisonniers. Toute la région de l’est est au courant et même témoin. Alors pourquoi Deby et son gouvernement nient l’événement par un démenti officiel. Ou bien ceci est un non événement parce que tous les morts sont des «Saray Saâkit » ou assimilés ? Si 25 zaghawa gouvernementaux étaient tués au cours d’un seul affrontement, est-ce qu’on continuera à nier l’évidence ? Bien sûr que non ! N’djamena et toutes les autres villes seraient en état d’alerte, on érigera devant la maison de chaque zaghawa une tente pour les cérémonies de deuil, Deby enverra des enveloppes à chaque famille de disparu. Mais quand il s’agit de la mort des « Saray Saâkit », le tableau change de décor : non seulement il n’y aura pas de deuil mais on va aller jusqu’à nier officiellement qu’ils sont morts ! Car leur mort n’a aucune signification.

DJIM Wal Saray Saâkit


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