Défection dans les rangs du RPJ: Des rebelles regagnent la légalité – Le Progrès N° 1957 du 10 mai

kar Après l’échec des rebelles du Front Uni pour le Changement (FUC), le 13 avril dernier, aux portes de N’Djaména, l’Armée Nationale Tchadienne continue à enregistrer le ralliement d’éléments armés appartenant à des groupes rebelles. Quelques jours après le ralliement d’une soixantaine de rebelles, 38 autres hommes armés, issus du Rassemblement Populaire pour la Justice (RPJ), viennent de tourner le dos à la rébellion, en décidant de regagner le bercail.

Hier, mardi 9 mai 2006, le ministre de l’Administration du Territoire, le général Mahamat Ali Abdallah Nassour, a présidé, au ministère de la Défense nationale, la cérémonie de ralliement de ces éléments du Rassemblement Populaire pour la Justice, dirigé par Abakar Tollimi. L’ancien commandant des sous-groupements d’escadron blindé, le colonel Souleymane Kardayo, le colonel Youssouf Chorio et le chef d’escadron Mahamat Adoum et 35 autres anciens éléments du RPJ, ayant fait défection des rangs de leur mouvement, depuis le 10 avril dernier, ont été présentés à la presse nationale et étrangère, par le général Mahamat Saleh Ibrahim, au camp de la Garde Nationale et Nomade du Tchad (GNNT).

Soudanais et Centrafricains

Lors de la cérémonie de présentation, des armes lourdes et légères, parmi lesquelles un 14,5 mm, trois RPG et des armes individuelles (Kalachnikov, F14…), et plusieurs munitions ont fait l’objet d’inspection. Expliquant la raison qui a poussé le groupe à regagner le bercail, le colonel Souleymane Kardayo a indiqué que, la rébellion n’a ni idéologie, ni un fondement légitime. Il reconnaît qu’il existe au sein des groupes rebelles, dirigés par Mahamat Nour, Adjinedi et autres, des Soudanais et des Centrafricains.

«Au départ, on nous a dit que Déby est devenu un loup pour les hommes de certaines ethnies. Et, si nous continuions à rester, un jour, nous serions parmi ses victimes. C’est comme ça que nous avions regagné la rébellion, croyant qu’il existait des objectifs nobles. Sur place, nous avons constaté la présence parmi nous, de Soudanais et de Centrafricains. Ainsi, moi et mes amis, avons décidé de regagner, sans aucune condition, la légalité, puisque nous ne pouvons pas cautionner la destruction du pays par des personnes étrangères», souligne Souleymane Kardayo. Le ministre de l’Administration du Territoire, le général de Brigade Mahamat Ali Abdallah Nassour, dans un ton de satisfaction, a dit que ces Tchadiens ont été trompés par d’autres personnes pour se retrouver dans la rébellion et, aujourd’hui, ayant constaté des contradictions, ils ont décidé de revenir à la case départ. «Les différents groupes rebelles sont armés et guidés par le Soudan. Le seul but que vise le Soudan et ses mercenaires est la déstabilisation du pouvoir en place, les institutions de la République. C’est pourquoi, aucun Tchadien nationaliste ne peut partager avec eux cette vision fausse», explique Mahamat Ali Abdallah Nassour.

Ahmat Adoum
Le Progrès N° 1957 du 10 mai


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