Tchadiens et Soudanais fuient les massacres des djandjawids: L’ONU scrute la barbarie de la milice soudanaise – Le Progrès N° 1958 du 11 mai 2006

Après sa visite au Soudan, le secrétaire général adjoint de l’Organisation des Nations Unies (ONU) aux Affaires Humanitaires et coordinateur des secours d’urgence, Jan Egeland, se trouve dans la partie Est du Tchad. Le secrétaire général adjoint Egeland, en compagnie du gouverneur du Ouaddaï, M. Mahamat Nimir Hamata, et plusieurs hauts responsables humanitaires, s’est rendu ce mercredi 10 mai 2006, à Goz-Béïda (département de Sila), qui accueille quelque 30 000 réfugiés sur son sol depuis 2003. A Goz-Béïda, le numéro 2 des Nations unies, est allé s’enquérir de la situation des personnes déplacées tchadiennes ayant fui les incursions des djandjawids, milice soudanaise. Au total 11 000 Tchadiens sont installés autour du camp des réfugiés de Djabal.

Il a écouté, de vives voix, les témoignages des rescapés de la barbarie des djandjawids, qui volent, violent et tuent les populations tchadiennes frontalières avec le Soudan. Leurs actions ont jeté de nombreux civils sur les routes, à la recherche de localités plus paisibles. La plupart de ceux-là sont à leurs deuxième ou troisième déplacement. Assis à même le sol, à côté des personnes déplacées, Jan Egeland a suivi, attentivement, les témoignages de Abdelkerim Djibrine, chef du village Moudéïna. « Ce sont les attaques des djandjawids qui nous ont contraints à fuir nos villages. Ils arrivent du Soudan par groupes de 50 à 100 chevaux pour perpétrer des razzias chez nous. C’est la politique de la terre brûlée. Rien que pour le mois d’avril, nous avons enregistré plus de 100 personnes tuées par les djandjawids ». Egeland se préoccupe surtout du sort des femmes déplacées avec leurs enfants. Il les écoute avec grande attention. Khadidja A., la trentaine, raconte: « Il faut lui traduire fidèlement nos préoccupations « , lance Khadidja, avant de continuer, très sereine. « De cette guerre, c’est la femme qui est victime. Elle perd son mari, son enfant, son père et sa mère. Regardez, nous sommes plus nombreuses que les hommes. Les djandjawids cherchent d’abord les hommes et n’épargnent pas aussi les garçons, même à très bas âge ».

Ces personnes déplacées installées à Goz-Béïda il y a deux mois vivent dans une situation très difficile. Il y a un manque crucial d’eau. « Il faut 5 heures à 6 heures, pour remplir un bidon de 18 litres », lâche un déplacé. Les autorités locales craignent des épidémies, avec la saison des pluies. Elles cherchent à transférer les personnes déplacées à Abchour à 19 kilomètres de Goz-Béïda. Mais, les personnes déplacées refusent parce qu’elles ont déjà construit des abris de fortune. Le secrétaire général adjoint des Nations Unies s’est rendu aussi au camp de Djabal, où vivent quelque 14 000 réfugiés soudanais.

Gamarga Bakoumi
Le Progrès N° 1958 du 11 mai 2006


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