En Essayant d’arrêter une bataille fratricide: L’imam Hissein Hasssan est blessé – Le Progrès N° 1959 du 12 mai 2006

Im Il est 13 heures. Jeudi 11 mai 2006. La prière s’approche. Les fidèles l’apprêtent à accomplir leur devoir religieux. A leur grande surprise, une bataille rangée entre membres d’une même famille, à cause d’une femme, éclate devant le bureau de l’imam de la Grande mosquée Roi Fayçal de N’Djaména. En voulant séparer les deux parties, le président du Conseil Supérieur des affaires Islamiques, Cheikh Hissein Hassan Abakar reçoit quelques blessures à coups de couteaux aux deux bras. Le cheikh doit passer la nuit à l’hôpital car, il était sous perfusion. Son état n’est pas très inquiétant, d’après ses proches, mais il aurait beaucoup saigné.

La famille se déchire pour un problème de proposition en mariage de sa propre fille. Le père donne en mariage sa fille à un homme. La dot est versée. La mère et les frères de la jeune fille s’opposent au mariage. Ils donnent, à leur tour, en mariage la fille à un autre prétendant. La famille est divisée. L’affaire prend une autre tournure. Elle est portée pour la première fois à la brigade de gendarmerie. Les deux parties ne s’entendent pas. Elles sont conduites devant le Conseil Supérieur des Affaires Islamiques (CSAI). Les membres de deux camps arrivent nombreux ce jeudi, à la Grande mosquée, pour suivre le jugement. Vu leur nombre, au lieu que l’affaire soit tranchée dans la petite salle habituelle de jugement, les deux parties sont orientées devant l’imam Hissein Hassan Abakar. D’après le vice-président du CSAI, M. Ali Ahmat Taha, le président du conseil appelle quatre personnes de chaque partie pour les entendre et résoudre le problème. Le jugement est rendu. Les deux mariages sont annulés par l’imam de la Grande mosquée. Le premier mari reprend sa dot, mais avertit la famille que son rival ne mariera pas la fille. En sortant du bureau du président du Conseil Supérieur des Affaires Islamiques, les deux parties s’affrontent.

Les autres personnes qui attendent le verdict dehors viennent en renfort. Selon les témoignages oculaires, les groupes sont munis d’armes blanches et même à feu. Blessé, l’imam est conduit à l’hôpital Eperviers, à la base Sergent-chef Adji Kosséï. Plusieurs autres blessés des deux côtés sont transportés à la Garnison militaire. «Le père de la fille est grièvement blessé. Il serait même dans le coma», informe un jeune homme, dans la cour de la Grande mosquée. Certainement, des traces du sang sont restées dans la cour. Dans le couloir du bureau de l’imam, la sentinelle a lavé aussitôt le sang. «Les Tchadiens sont curieux. Ils aiment le sensationnel. A chaque événement de crime, où il y a bain du sang, ils s’approchent en masse pour voir de près. Certains n’ont même pas peur des forces de sécurité», s’emporte un agent municipal. Les agents municipaux et les policiers sont envahis par les civils, surtout les enfants qui cherchent à s’approcher de plus près. Comme d’habitude, le député du troisième arrondissement, Fathi Douga, est descendu rapidement sur les lieux. La fille disputée et sa mère sorties indemnes, sont arrêtées au commissariat du 3e arrondissement.

Mahamat Hassan Adoum
Le Progrès N° 1959 du 12 mai 2006


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