Les incohérences de M. Alla-mi

M. Alla-mi, ministre tchadien des Relations extérieures a presque confirmé que le Tchad est une république bananière. « Il s’agit de savoir maintenant qui est qui. C’est moins un problème de confiance que de contrôle :il faudra un bon contrôle préalable. »

Dans les pays organisés et qui ont des systèmes viables de suivi et de contrôle, une affaire comme celle de l’Arche de Zoé ne se serait jamais produite. Nous nous rappelons que la tragi-comédie de la tentative d’enlèvement n’a pas encore révélé toutes ses ramifications. Les autorités tchadiennes veulent nous faire croire que des avions gros porteurs peuvent se poser et décoller du territoire national sans que personne ne soit au courant de leurs mouvements et de leur objet.

Interrogé sur les antennes de Radio France internationale, le ministre Alla-mi rétorque lque les autorités tchadiennes vont se mettre au travail et effectuer un « contrôle préalable » afin de veiller à ce que de telles aventures n’aient pas lieu. Malgré la publicité générée par cette affaire archi-floue, le ministre estime que le gouvernement n’a pas perdu confiance vis-à-vis des ONG mais qu’il serait temps de passer à un contrôle plus rigoureux.

Selon les estimations, le nombre d’ONG opérant dans le pays des Sao varie entre 150 à 200. Le ministre révèle qu’il ne connait pas le nombre d’ONG opérant au Tchad et qu’il vaille la peine de faire un recensement pour en connaitre leur nombre et régulariser celles qui se seraient installées sans procédures administratives. A cet effet, le ministre s’exprime en ces termes: «Nous sommes en train d’en faire le recensement pour savoir celles qui sont installées régulièrement et de demander à celles qui ne le sont pas de régulariser leur situation a posteriori».

Le ministre profite aussi de l’occasion pour se plaindre du sort des compatriotes qui sont atteints par la tragédie du Darfur. Le ministre Alla-mi se plaint du fait que les 180.000 réfugiés ont attiré toute l’attention de la communauté internationale au détriment des populations autochtones. Il oublie que c’est aussi en partie la politique de la terre brulée et le refus de son boss de négocier en bonne et due forme pour mettre fin à la lutte armée qui déchire le pays depuis bientôt 40 ans.

L’histoire est là pour témoigner du temps que le ministre a passé avec les régimes précédents. Il n’est pas suffisant de trouver son compte n’importe comment et n’importe quand mais œuvrer de manière sensible pour permettre à tous les tchadiens de trouver leur compte dans la quiétude. Pour la réalisation d’une telle perspective, il faut nécessairement une paix durable et une démocratie réelle. Les méthodes qui font aujourd’hui du Tchad une république que Monsieur Allami a presque appelé « république bananière » doivent cesser pour que notre chère patrie connaisse un avenir meilleur. Monsieur le Ministre peut certainement donner ce conseil à son chef?

Djimé Adoum


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