L’Arche de Zoé : Un scandale sur fond de récupération

La France doit comprendre que l’ère du colonialisme est révolue, irrévocablement, même si à différente façon le subconscient impérialiste prime sur ce siècle de progrès, où l’on ne reconnaît à peine l’existence de nos pays quelque soit leurs indépendances et leurs souverainetés. Depuis cette histoire qui a fait quotidiennement l’actualité, nous avons voulu prendre le recul nécessaire afin de se forger une analyse, qui à dessein nous parait comme une opération scandaleuse sur fond de récupération.

Tout d’abord, il faut reconnaître le caractère illégitime et illégal de l’opération car l’on ne peut pas entrer et sortir dans un pays qui n’est pas le sien en totale ignorance de ses lois, des règles et du peu de respect aux personnes qui y vivent. Cette aventure a été condamnée et détaillée dans ces méandres. Les torts et les responsabilités ont été situés. Eric Bretau et ses compagnons écroués. Mais est ce que cette histoire mérite tout ce tintamarre?

Pendant presque 1 mois les radio, télévisions l’ont commentés et étudiés comme un effet de tsunami. Un événement qui comme voulu a pris place, et relégué à l’arrière plan tous le reste de l’actualité nationale.

  • Comment une ONG même si elle a de multiples visages arrive à tromper la vigilance d’un pays trop vigilant sur son territoire ?
  • Comment cette ONG a réussi à avoir ses autorisations d’exercices illicites s’il n’y a pas eu de complicité locale?
  • Pourquoi s’alarme t-on ainsi aux regards de la réalité qui sévit sur le territoire national ?
  • Pourquoi aussi cet événement tombe comme un couperet le jour même ou un accord était entrain de se réaliser à syrte en Libye?
  • Pourquoi, pourquoi, pourquoi…

Evidemment, nous sommes conscient des questions auxquelles aucune réponse ne viendra éclaircir pour l’instant. La manière avec laquelle cette ONG a fonctionnée, la réaction première des autorités de mon pays montre à déficience l’inexistence d’un état. Le fait de dénoncer un fait aussi grave est légitime mais, l’homme d’état le fait avec la fermeté qui en ressort et la prestance qui en découle. Les sorties tonitruantes à l’exemple de l’homme de la rue ne peuvent servir, moins encore convaincre. L’on a vu des ministres patauger dans un verlan de circonstance. Des sorties qui ont permis à la presse étrangère de gloser et montrer avec tristesse les limites communicatives des « représentants d’une nation »

L’arche de zoé a servie d’alibi à quelques personnes d’exister sur la place publique, piètrement. Le traitement des informations et la réaction à chaud d’Idriss Déby a laissé le monde politique averti interrogatif. Ce sentiment soit disant patriotique est inexistant et inerte pour un homme qui pendant 17 ans n’a jamais eu la fibre nationale. L’amour de la patrie est un acte plus que symbolique, dont se partagent les fils d’une nation attachés aux valeurs qui les lient. Idriss Déby n’a pas l’étoffe des nationalistes qui ont forgé l’identité et la fierté tchadienne. Il est loin d’être un architecte d’un nouvel ordre politique au Tchad. Ses sorties démontrent encore la fausseté de ses intentions qui expriment une récupération sur fond de calcul. On ne peut se foutre de plus de 10 millions de tchadiens et s’inquiéter avec tonitruance de 103 mômes qui aspirent à autre chose que l’instrumentalisation. On a cherché à émouvoir des africains et des occidentaux pour mieux exploiter cette histoire, mais comment cette ONG a pu abattre la vigilance de tout un état. Comment elle a eu ses autorisations, quels sont ses interlocuteurs locaux. Dans un pays policé ou chaque individu étranger est fiché comme on tanne une bête, comment les responsables de l’état ont feint d’ignorer une activité illégale même sous couverture ? À toutes ses questions la vérité se saura un jour, car au Tchad actuel la confidence se mure à la mousse du cercle, passé les moments intimes tout se saura.

Les enfants qui sont devenus en un clin d’œil l’épicentre de l’imbroglio, ne demandent pas toute cette projection. Ils n’aspirent qu’à avoir la vie autant que paisible sous l’éducation de leurs parents, dans leur environnement. Aller à l’école, avoir les soins nécessaires à leur croissance est une des obligations que l’état doit leur proposer. L’Ache de zoé a utilisé les lacunes et les manquements pour se substituer à l’absence responsable de l’état. Il est certain que sa démarche démontre avec abject les méthodes de trafic d’une autre ère, mais quand on regarde le destin qui aurait du être pour ces enfants dans les familles qui devraient les accueillir, la question pourrait être posée deux fois. La démarche illégale de l’arche de zoé a fait tâche et compromis involontairement un avenir qui pourrait servir.

La démarche et l’attitude de la France dans cette histoire sont celle qui se limite à l’échelle d’un domino sur un exécutif tchadien qui lui doit tout. Quoi que dit le régime tchadien actuel, il est le vassal contemporain qui ne peut rien refuser à la France et son président. Il ne s’agit pas de bomber le torse aujourd’hui, il faudrait le faire le jour du pain béni. Le pastiche du caporal chacun le sait, il n’a jamais démarré une fronde. La souveraineté du Tchad et son indépendance ont été bradées depuis longtemps.

L’autre question que nous nous posons est simple. Cette affaire a fait la une de la presse au même moment qu’un événement important qui scellait un accord entre tchadiens en libye. Pendant presque un mois toute l’actualité nationale s’est retrouvée reléguer aux oubliettes, ou au second plan laissant place à l’arche de zoé et ses conséquences. Nous avons le sentiment que ce n’est pas par hasard si cet événement ait fait tout le bruit qu’on connaît et que l’actualité politique nationale fut négligée avec ce discrédit de choix. Ceux qui connaissent les manigances du régime tchadien ne seront pas du tout étonnés, et ceux en qui la méfiance est de mise se poseront toujours un jour la question.

En somme pendant longtemps notre combat s’est porté sur un changement de ce régime tchadien et son système de gouvernance. L’expérience a démontrée amèrement qu’aucune forme de gestion, d’administration, de démocratie n’est possible avec un homme dont la pensée politique est limitée en système de pillage, de clientélisme et de sous traitance. Le Tchad aspire à mieux, et le chantre du changement nous le prônerons quoi qu’il nous en coûte.

Les hommes meurent, mais seul la noblesse des traces et des actes restera toujours gravée.

MAHAMAT ASSILECK HALATA


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