Arche de Zoé: arrivée à N’Djamena de familles à la demande des autorités – Afp

Vingt parents d’une partie des 103 enfants que l’association L’Arche de Zoé avait tenté d’emmener en France depuis Abéché, dans l’est du Tchad, sont arrivés lundi à N’Djamena, à l’initiative selon eux du gouvernement tchadien, a constaté un journaliste de l’AFP

« On nous a dit que le gouvernement avait besoin de nous et on nous a amenés ici (à N’Djamena) », a déclaré Ahba Abdallah Mahamat, au salon d’honneur de l’aéroport de N’Djamena, où les familles sont arrivées à la mi-journée par un vol régulier en provenance d’Abéché (700 km à l’est de la capitale).

Une femme, qui n’a pas donné son identité, a elle aussi indiqué à la presse que les familles étaient venues à N’Djamena à l’initiative des autorités tchadiennes.

Les autorités judiciaires en charge du dossier à N’Djamena n’avaient visiblement pas été mises au courant de l’arrivée de ces familles. Le juge d’instruction et le procureur de la République ont prévu de se rendre dès que possible à Abéché pour auditionner les familles des enfants victimes.

Leur déplacement à Abéché est maintenu, ont assuré des sources judiciaires concordantes à l’AFP. Ces familles ne devraient donc pouvoir être reçues par le magistrat instructeur qu’à son retour d’Abéché, prévu en fin de semaine.

« Je ne sais pas si cela vise à accélérer ou ralentir les choses, mais j’ai l’impression qu’on place une nouvelle fois le juge devant le fait accompli », a commenté une souce judiciaire, qui a requis l’anonymat.

Six membres français de l’Arche de Zoé sont inculpés d’enlèvement de mineurs et quatre Tchadiens de complicité. Ils sont incarcérés à N’Djamena.

« Nous voulons que l’Etat fasse respecter nos droits et que l’Etat les juge » au Tchad, a également déclaré à la presse Ahba Abdallah Mahamat, chef du village de Chakata, dans la région d’Adré, ville frontalière avec le Darfour, région de l’ouest du Soudan en proie à la guerre civile.

L’Arche de Zoé avait tenté d’emmener en France 103 enfants de la zone frontalière tchado-soudanaise en les présentant comme des orphelins du Darfour nécessitant une évacuation sanitaire.

Les enfants, récupérés par les autorités tchadiennes qui avaient stoppé l’opération le 25 octobre, sont hébergés depuis à l’orphelinat d’Abéché en attente d’une décision judiciaire et politique en vue de leur restitution à leurs parents. L’enquête en vue de l’identification de l’ensemble des enfants est toujours en cours.

« Notre espoir repose sur le gouvernement. S’il nous autorise à récupérer nos enfants on pourra les reprendre », a ajouté Ahba Abdallah Mahamat.


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