Arche de Zoé: les juges tchadiens rencontrent les enfants à Abéché – Afp

Le juge d’instruction et le procureur chargés à N’Djamena de l’affaire de l’Arche de Zoé sont arrivés mardi à Abéché, dans l’est du Tchad, où ils ont pu voir les 103 enfants que l’association française a tenté d’emmener en France, a-t-on appris de sources judiciaires.

Selon ces sources, les deux magistrats, accompagnés d’un greffier, ont rencontré les enfants à l’orphelinat d’Abéché, où ils ont été accueillis après l’intervention des autorités, qui ont stoppé le 25 octobre à l’aéroport de la ville l’opération de L’Arche de Zoé.

Le juge d’instruction et le procureur de la République n’ont en revanche pas encore auditionné les familles des enfants, principal objectif de leur déplacement à Abéché qui devrait s’achever en fin de semaine.

Lundi, vingt parents d’une partie des 103 enfants sont arrivés à N’Djamena, à l’initiative, selon eux, des autorités tchadiennes.

« Nous n’avons pas été associés à cette enquête complémentaire sur le terrain. L’enquête devrait être menée de manière contradictoire », a déploré l’avocat d’une partie des 21 personnes inculpées dans cette affaire, Me Jean-Bernard Padaré.

Selon lui, les avocats des familles des enfants qui se sont constituées parties civiles ont eux été prévenus et se trouvent déjà à Abéché.

« Nous émettons des doutes sur la crédibilité de cette enquête de terrain, et nous allons la contester », a affirmé l’avocat à l’AFP.

Six membres français de L’Arche de Zoé sont poursuivis pour enlèvement de mineurs et quatre Tchadiens pour complicité. Ils sont tous incarcérés à N’Djamena.

Trois journalistes français, sept Espagnols de l’équipage de l’avion qui devait emmener les enfants en France, ainsi qu’un pilote belge qui en a acheminé une partie à Abéché depuis la frontière tchado-soudanaise, ont également été inculpés, mais ont été libérés et rapatriés.

L’association présentait les enfants, originaires pour la quasi-totalité d’entre eux de l’est du Tchad frontalier du Soudan, comme des orphelins du Darfour soudanais voisin en proie à une guerre civile.

L’enquête visant à identifier les enfants est toujours en cours, et les parents qui se sont manifestés attendent une décision judiciaire et politique pour pouvoir les récupérer.


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