Tchad/RCA: la force de l’UE en attente d’avions et d’hélicoptères – Afp

L’Union européenne a du mal à trouver les avions et les hélicoptères absolument nécessaires à son opération militaire au Tchad et en Centrafrique, qui pourrait être retardée si cette situation se prolonge, ont indiqué mercredi des diplomates.

« On manque toujours d’hélicoptères et d’avions », a confié un diplomate à l’issue d’une nouvelle réunion à Bruxelles, la troisième en 15 jours, de responsables militaires de l’UE chargés de discuter des contributions des Etats membres à la mission Eufor Tchad-RCA mandatée par l’ONU.

Le 15 novembre, le président du Comité des chefs d’état-major de l’UE, le général Henri Bentégeat, avait appelé à fournir une dizaine d’hélicoptères de transport, ainsi que des avions, et une troisième antenne médicale, outre divers « moyens logistiques » manquant encore.

La « sensibilisation » à ce problème lundi des ministres de la Défense de l’UE réunis à Bruxelles n’aura donc apparemment pas suffi.

« Oui, il est difficile » de trouver les moyens indispensables à la mission, a résumé le diplomate, rappelant que la plupart des 27 pays de l’UE ont des troupes en Afghanistan, au Liban, en Bosnie, au Kosovo, en Irak ou encore en Afrique.

« Je ne suis pas pessimiste », a-t-il cependant estimé, affirmant que « parler de blocage serait montrer une méconnaissance de la manière dont ce genre de processus se déroule ».

Pour autant, a-t-il reconnu, « il est largement temps de boucler la discussion car chaque jour qui passe est un jour perdu », au risque de freiner sinon de retarder l’opération.

Même si les premiers éléments -une centaine d’hommes- pourraient toujours être à pied d’oeuvre début décembre, le déploiement du dispositif dit « initial » de l’Eufor pourrait ne pas intervenir désormais avant janvier au lieu de la fin décembre comme d’abord espéré, a estimé un autre diplomate.

L’Eufor Tchad/RCA, avec environ 3.500 hommes sur un territoire de quelque 360.000 km2 dans l’est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique, doit sécuriser les camps de réfugiés du Darfour, région soudanaise limitrophe, et les camps de déplacés des deux pays.

Elle doit également protéger les policiers des Nations unies qui formeront les forces de l’ordre locales à la sécurisation de ces camps.

« L’heure va être aux contacts bilatéraux », a dit le diplomate. Il est à prévoir que le commandant en chef de l’opération, le général irlandais Patrick Nash, visite les pays jugés les plus susceptibles de fournir les équipements requis, qu’il n’a pas voulu citer.

Le ministre irlandais de la Défense Willie O’Dea a déclaré mardi que l’opération ne serait pas lancée tant que le général Nash « ne jugerait pas suffisant le soutien aérien à la mission ».

M. O’Dea a ajouté que de grands pays comme « l’Allemagne et l’Italie n’ont pour l’instant fourni aucune contribution à la mission ».

Le général Bentégeat avait souligné que la mission au Tchad serait « la plus exigeante » jamais organisée par l’UE « en termes logistiques et d’infrastructure » en raison d' »un environnement très dur ».

Avec quelque 1.500 militaires, le contingent français sera le principal. L’Irlande, la Pologne, la Suède, les Pays-Bas, la Roumanie, l’Autriche, la Belgique et l’Espagne notamment fourniront aussi des soldats.


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